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Michel Patrick Boisvert explique les raisons de la rectification du budget 2020-2021

Publié le 21 sep 2021

Le ministre de l’Economie et des Finances a dû rectifier le budget 2020-2021, à quelques jours du début du prochain exercice fiscal. Il y a des raisons majeures à cette régularisation. D’abord, les prévisions de recettes, ambitieuses, n’ont pas été atteintes alors que le Trésor public, face à la non obtention du prêt auprès du système bancaire haïtien, a dû financer à hauteur de 57 millions de dollars américains la construction de la centrale électrique de Carrefour, un projet auquel tenait l’ex-président Jovenel Moise, a indiqué en substance le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Patrick Boivert, mercredi 22 septembre 2021.

« C’est un budget de régularisation. Nous avions tablé sur des recettes de l’ordre de 132 milliards de gourdes. Nous sommes parvenus à collecter entre 96 et 97 milliards. C’est le premier élément à l’origine du budget rectificatif », a confié au journal le ministre, soulignant les difficultés d’un organe de perception comme les douanes. «Les douanes n’ont jamais pu travailler une semaine entière sans problème. La DGI, malgré tout, a fait des efforts mais au niveau de la douane, cela n’a pas été au rendez-vous », a expliqué Michel Patrick Boivert, qui n’a pas obtenu d’appui budgétaire direct. « Nous avions prévu presque dix milliards de gourdes sous forme d’appui budgétaire », a-t-il dit, soulignant que « les projets comme ceux financés par la BID, la Banque mondiale ont continué » .

« Le deuxième élément fort à l’origine du budget rectificatif est que nous avions financé l’usine installée par la General Electric. Il a coûté plus de 57 millions de dollars parce que nous n’avions pas trouvé le financement auprès du secteur bancaire, ce qui était inscrit dans le budget initial. « La conjoncture n’a pas permis d’obtenir ce financement. Avec les troubles politiques, le secteur bancaire n’a pas décaissé en dépit de tous les arrangements que nous avons faits. Nous avions anticipé et payé l’usine. C’est le Trésor public qui supporte le financement aussi l’acquisition à hauteur de 2,5 millions des poteaux électriques que l’on installe un peu partout », a détaillé le grand argentier de la République. « Ce sont ces deux éléments qui nous ont portés à rectifier. Tout le monde l’a vu. Nous, nous avons géré les dépenses avec une main de fer », a soutenu Michel Patrick Boivert, qui soutient qu’il restera dans plus ou moins dans les limites des 39 milliards de gourdes de financements monétaires prévus pour cet exercice. « Je termine avec le niveau de financement monétaire prévu dans le budget. Dans le pire des cas, il sera de 39 ou en-deçà de 39 milliards », a confié le ministre de l’Economie et des Finances, interrogé sur les performances des finances publiques en ces temps d’adversités.

« Il est difficile d’évaluer les performances des finances publiques. Même si nous sommes conscients qu’il y a des problèmes », a-t-il dit, soulignant que le financement des produits pétroliers est un gros trou dans le budget. « Avant le mois de septembre, nous étions à 21 milliards de gourdes de pertes », a expliqué Michel Patrick Boivert qui a pu compter sur une partie des 224 millions de dollars du DST(droit de tirages spéciaux) du FMI à la BRH. «Nous avons signé un accord avec la banque centrale qui nous a rétrocédé une partie de 224 millions de dollars pour pouvoir boucler ce budget. L’autre partie restera pour le budget du prochain exercice que nous commençons à préparer pour 2021-2022 », a dit Michel Patrick Boivert.

Source : lenouvelliste.com


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